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Hijab vs niqab, burka et autres masques

À propos de liberté

Non au niqab, aux cagoules, aux masques et à la burka. Oui au hijab, à la kippa, aux perruques, aux chapeaux et tout autre couvre-chef, qu’Il nous plaise ou non.

 

J’ai résumé ma position sur la burka dans mon billet précédent : je suis convaincue que, quelle que soit la signification de ce vêtement, il ne convient pas plus à la rue (ni non plus, évidemment, aux tribunaux et autres lieux symboliques de la citoyenneté canadienne) que n’importe quelle autre vêture qui rendrait celui ou celle qui la porte impossible à identifier. (Cauchemar : comme d’autres enfilent une veste de cuir pour se (faire) reconnaitre, un groupe de malfaiteurs, sous une étiquette à la limite de l’acceptabilité juridique, adopte une houppelande style burka portée par-dessus un pantalon unisexe – et vaque ainsi à ses affaires, impossible à identifier et fort de la Charte des droits et libertés; est-ce là ce que voulait le législateur???)

 

Ce qui suit n’est pas destiné à « calmer le jeu », dans une perspective d’accommodement raisonnable. Je crois impossible de passer à côté de la réflexion collective que nous imposent les crises bruyantes entourant le port du hijab ou son interdiction. La question posée est la suivante : lorsqu’il s’agit du respect des valeurs communes québécoises et entre autres du respect de la personne et de l’égalité des hommes et des femmes, avons-nous raison de prendre les femmes aux cheveux couverts pour cibles?

 

La question du port du hijab est actuellement captive d’un enchevêtrement irrationnel de notions mouvantes, qui vont de la pure et simple xénophobie aux récupérations politiques et idéologiques soi-disant ouvertes, sur fond de peur du musulman quasiment automatiquement soupçonné d’adhésion extrême à la charia; cette peur provoque, de part et d’autre, les réactions les plus violentes. Tout ce qui se construit depuis quelque temps sur le plan politique, policier, du renseignement, et de la soi-disant prévention (j’y reviendrai), en est un signe.

 

Le terrorisme existe; il faut s’en inquiéter et agir; mais est-il raisonnable que ces femmes qui portent le hijab pour des raisons qui nous échappent peut-être en deviennent un symbole, même indirect? Qu’on envisage de les cantonner dans des espaces publics camouflés et mineurs sous prétexte qu’elles appartiennent à un groupe minoritaire toléré mais pas vraiment intégré, parce que quelques-uns, qui appartiennent à ce même groupe, sont effectivement des assassins? Que devient l’esprit de la Charte?

 

Qu’en est-il des femmes dont nous croyons, à raison certainement quelquefois, que ce sont les hommes de leur entourage qui, contrevenant clairement aux commandements de la Charte, les contraignent à porter ce hijab, signe extérieur de leur pouvoir domestique? S’il en est ainsi, c’est tout simplement inacceptable à plusieurs titres, et bien sûr aussi au nom de la Loi et de la Charte. Mais jamais une loi exogène n’a pu conduire un couple ou un groupe de modifier l’histoire qui a modelé leur dynamique interne, d’autant plus que sont en jeu des éléments profondément personnels, et plus ou moins conscients.

 

Que faire? Sûrement pas rejeter ces femmes, mais trouver avec elles les stratégies susceptibles de les « libérer » de leur astreinte. Et seulement si elles le veulent.

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